BIENVENUE SUR LE SITE DE LA VILLE DU CARBET
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Culture et Patrimoine

Journées Européennes du Patrimoine : Un rallye découverte réussi

Dans le cadre des journées Européennes du Patrimoine, la ville du Carbet et la commission culture et patrimoine ont organisé un rallye découverte qui a permis à près d’une cinquantaine de personnes de découvrir l’histoire de notre ville.  Venus des quatre coins de l’île,  les participants ont investi les rues du Carbet, sous un chaud soleil, visiblement heureux et animés d’une grande motivation dans cette chasse à la découverte des lieux chargés d’histoire. Il faut dire que notre référente du patrimoine, Mme Zébo Jourdan Rosemonde, avait concocté un beau parcours qui passait par des lieux incontour nables comme la chapelle du Coin, la distillerie Neisson, le pied de l’esclave, la maison Balthazar etc…..

 

 Les équipes ont rivalisé de perspicacité tout au long de la matinée. La difficulté à résoudre certaines énigmes  était bien présente car certains lieux ont subi l’usure du temps: les façades ont changé, les devantures ont disparu laissant le visiteur quelque peu désorienté.  L’esprit d’équipe dans ces moments-là permet de surmonter la difficulté et de boucler le parcours dans le temps imparti.

 

A l’heure de la remise des récompenses on a pu noter l’implication des entreprises du Carbet qui ont contribué à la réussite de la manifestation. De l’avis général ce rallye a connu un véritable succès au niveau de l’accueil et de l’organisation en général. Certains participants ont prolongé leur séjour afin de profiter de la mer et de la visite de l’espace Gauguin et pour d’autres un détour par le zoo pour finir dans l’un de nos restaurants. Le rendez-vous est déjà fixé à l’année prochaine pour beaucoup de nos visiteurs qui ont laissé leurs coordonnées pour un nouveau rendez vous à la découverte de notre patrimoine.

 

Un grand bravo à toute l’équipe des encadrants de la Caisse des Ecoles réunie autour de notre référente , Mme Zébo Jourdan, et du 1er Adjoint délégué au patrimoine , Mr Saint Jean Thérèse.

 

 

“ Dans le jardin secret d’Aimé Césaire” au cœur de son intimité

Samedi 24 juin 2017 à l’Espace Aimé Césaire du Carbet, l’écrivain journaliste Serge BILE présentait son dernier livre «  Dans le jardin secret d’Aimé Césaire » en présence de Jean-Claude DUVERGER, ami d’Aimé Césaire qu’il a côtoyé tant au niveau politique que sur le plan personnel. Plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’invitation de l’OCARTOUR et du service culturel de la ville. Ils ont pu ainsi découvrir, à travers les échanges avec l’auteur de l’ouvrage et Jean Claude DUVERGER, un portrait inattendu du poète. S’appuyant sur des entretiens sur une période de treize ans, Serge BILE nous livre des confidences de l’entourage d’Aimé CESAIRE notamment Clémence, la gouvernante et Joëlle, la secrétaire. En dehors de la narration de la vie politique de ce personnage planétaire, l’auteur nous plonge dans le quotidien du poète simple et discret.

 

Au fil des pages, on retrouve cet homme de conviction, amoureux de la nature et de son pays-Martinique. Cet homme “rebelle”, pour le citer, qui refusera cette proposition pour le prix Nobel de la paix en 2006 ou encore son refus la même année d’une proposition du Président du Conseil Régional consistant à débaptiser le lycée Schoelcher pour porter le nom de lycée Aimé Césaire.

 

A travers les anecdotes que nous rapporte l’auteur on découvre cet homme affable , chaleureux et d’une grande humilité. Un père inquiet pour ses enfants, qui lisait des poèmes à sa gouvernante ou ramenait chaque jour une viennoiserie à Joelle sa secrétaire d’origine Carbétienne.

Quelques réactions du public:

Yvette : «  J’ai découvert une autre facette de cet homme que je croyais inflexible »

Christian : « Pour moi, c’est une bonne chose de connaître Aimé Césaire autrement que par les informations de journaux télévisés. Je suis agréablement surpris de savoir comment il était au quotidien « 

 

L’auteur lui a apprécié  cet échange avec le public : « Nous avons échangé pendant plus d’une heure avec le public. Un public avide d’anecdotes sur le quotidien de l’homme politique. Cela  me conforte dans l’idée que j’ai eue d’écrire ce livre, qui je le crois sincèrement permettra à la jeune génération de connaître le poète autrement « 

 

L’élu chargé de la culture à la ville du CARBET, Lucien SAINT-JEAN THERESE a  salué cette soirée littéraire très enrichissante pour la mémoire collective.  Une rencontre animée par Mme Rosemonde ZEBO JOURDAN  qui a tout au long de la soirée sollicité les spectateurs qui ont très bien joué le jeu par des questions fort pertinentes et enrichissantes pour le débat.

 

La séance de dédicaces a permis de poursuivre les échanges avec l’auteur qui nous a confié le plaisir de partager ce moment sur un site qu’il découvre autrement que de passer sur la nationale. «  Dans le jardin secret d’Aimé CESAIRE » un ouvrage à lire ou à offrir en ce début des grandes vacances propices au farniente.

 

TROIS QUESTIONS À... LUCIEN SAINT-JEAN-THÉRÈSE, 1er adjoint au maire du Carbet, en charge de l'Education, de la culture et du patrimoine : « Notre société a besoin de culture »

Tout au long de l'année, la ville du Carbet propose à la population un programme culturel varié visant à favoriser le lien social et l'accès à la culture. Les jours à venir s'annoncent riches en évènements, avec dès ce soir la Fête de la musique.

 

Proposer des manifestations gratuites, est-ce un choix difficile ?

 

Nos manifestations culturelles sont gratuites car nous estimons que la culture dans sa dimension de proximité, participe à la transformation de la ville et au mieux vivre-ensemble. D'autre part la gratuité des manifestations se justifie par un partenariat efficace avec les associations, les radios ou encore l'Office Carbétien du Tourisme. Nous avons placé la culture au coeur de notre projet de ville car notre société a besoin de culture pour mieux s'ouvrir au monde et comprendre son histoire, sa diversité et ses enjeux.

 

Avez-vous les moyens financiers, matériels et humains pour pérenniser cette politique ?

Dans un contexte de raréfaction des subventions publiques, il faudra nécessairement mutualiser les moyens matériels, les compétences dans ce territoire Nord qui souffre d'un déséquilibre insupportable au niveau de l'offre culturelle. La politique culturelle telle que nous la concevons doit inciter la population à se réapproprier l'espace public, comme la place du Débarquement, la paillote du bourg, la place des Caraïbes, l'espace Aimé-Césaire.

 

Quels seront les prochains temps forts de la programmation ?

Ce soir, la place des Caraïbes accueille la Fête de la musique à partir de 19 heures, avec le groupe Bwa Brilé, Eddy Borderan et Evolution rafal sound. Le samedi 24 juin sera consacré à Aimé Césaire, avec la présentation de l'ouvrage de Serge Bilé sur le quotidien du poète, simple et discret. La fête du Poisson se déroulera les vendredi 14 et samedi 15 juillet prochains.

 

"Sweet Micky  for Président" : Chanteur et Président

Mardi 13 juin 2017 l'association Protéa et la ville du Carbet  ont proposé au public d’assister à  la projection du film de Ben Patterson « Sweet Micky for president » dans le cadre du festival du film documentaire «  Les révoltés du monde ». Plus d’une centaine de personnes avaient fait le déplacement pour voir ce documentaire qui retrace l’ascension au pouvoir de Michel MARTHELLY chanteur,  devenu président. Le film retrace le parcours présidentiel de ce musicien de « compas » très populaire, aux postures outrancières sur scène, devenu par la suite un  candidat crédible. L’annonce de sa candidature a eu lieu  à Montréal, devant une diaspora Haitienne fort importante. Il partira ensuite à la recherche de donateurs haïtiens à New York ou à Hollywood, où il a eu le soutien des célèbres acteurs Sean Penn et Ben Stiller qui apparaissent dans le film.

 

 Pras Michel est à l’origine de cette ascension de Michel MARTHELLY. Cofondateur du groupe hip-hop The Fugees, Pras  retourna dans son pays natal, Haïti, après le séisme de 2010 et trouva un gouvernement totalement paralysé par la corruption. Avec peu d'expérience et peu d'argent, Pras mobilise une campagne présidentielle pour le plus improbable des candidats: Michel Martelly, alias Sweet Micky, la pop star la plus populaire et la plus controversée d'Haïti »

 

Dans ce film de 1 h 30, le spectateur a l’impression d’être au cœur de la campagne présidentielle haïtienne qui a finalement couronné, en mai 2011, le chanteur Sweet Mickey. Pour de nombreux observateurs, dont Pras, il fallait absolument  un nouveau souffle politique pour Haïti.  Malgré les nombreuses candidatures – 19 au total – dont celle de Jude Célestin ou de Mirlande Manigat, Sweet Mickey et son mouvement « Tet Kalé » vont réussir leur pari, soutenus par une partie de la communauté internationale. Les premiers pas des deux compères Pras-Martelly dans les médias, l’arrivée puis le départ spectaculaire de Wyclef Jean de la campagne présidentielle, la relation entre les deux artistes de Fugees ou le dérapage de Pras qui lui valut d’être écarté du cercle Martelly sont quelques-unes des scènes remarquables de ce film.

 

Difficile toutefois de se faire une véritable idée des réelles raisons pour lesquelles Sweet Mickey a franchi le pas pour être candidat aux élections.

 

Au cours du débat qui a suivi la projection, certains spectateurs ont trouvé que le réalisateur a accordé une trop large partie à l’implication de Pras dans la campagne au détriment de Marthelly pourtant personnage central du documentaire.

D’autres feront remarquer l’ambiance musicale omniprésente dans la campagne et surtout une autre image du peuple haïtien qui change des clichés habituels  d’une population en quête d’aide et de nourriture. Dans l’ensemble les spectateurs sont sortis ravis de cette projection et du débat qui a suivi. L’association Protéa, pour cette sixième édition, a été fidèle à sa mission : faire découvrir l’histoire des hommes et des femmes de ce monde et les épisodes importants qui ont marqué l’histoire.

Sweet Micky for president» a déjà été couronné meilleur long métrage documentaire en remportant notamment le Grand Prix du Jury après sa première au Slamdance Film Festival fin janvier à Park City, dans l’Utah.Au festival du film documentaire en Martinique il a obtenu le prix du jury et le prix Jeunes.

 

 

Texte de Térèz LEOTIN : "Nou pa titiri san fanmi"

En Créole :

 

Mi an vwala, pou yo gloriyé 22 mé lanné tala, manmay lakomin Karbé pran désizion mété-douvan mémwè gangan yo.
Yo rimonté tan-an, yo chaché, é yo tiré sé lesklav konmin tala adan fondok loubli ki té za bien paré téré yo, pou man pa di fini épi rass yo.
Sé moun-lan fè wouchach, é toutt travay wouchach-la mennen yo matjé non yo, trasé’y nan mab, pou fè non yo palé di yo, palé ba yo, palé ba désandan yo, menm manniè an monniman-o-mò ka fè’w chonjé, men yo, sé non yo a ka vini di : mi nou la nou pa mò. Nou sé chouss fanmi zott !
An serten manniè toutt sé esklav tala ka vini montré ki si jòdi Karbé sé Karbé, sé yo ki fè’y tou. Tousa ka vini ba mémwè nou, an richess ki pòtalan, é man ka di woulo-bravo ba yo, ba désandan yo ki chonjé yo, ki chonjé mété yo dan limiè yo merté.
Men, man té ké kontan tann, man té ké kontan wè, avan Bazil sé vini kozé chwichwichwi’y la, bò zorey mwen, avan man Moun sé lé chayé mwen jwenn péyi san chapo, man té ké kontan tann ki toutt konmin Matinik ka pran konmin Karbé pou sèvi model. Tann ki toupatou ki chayé esklav pou mennen yo sibi toutt mové malva, man té ké lé sé koté tala mété an plass an monniman ba yo tou, pou nou chonjé la nou té yé lè nou kité fondòk bouden sé bato négriyé a. Nou pé pa monté pi lwen, men ki omwen nou sav sa ki té non sé esklav-la. Non zansett nou. Omwen nou ké ni baz tala. Menm si délè yo ba yo an non alafett pou toujou kontinié mété yo a djendjen, men nou ké sav, nou ké sòti adan lababatiz-la éti yo lé nou rété a, nou ké ni mak nou, trass nou, lè nou ké ni anba zié nou, kimoun ki fè péyi-a épi laswè yo, épi san yo épi lavi yo. Mi an réparasion, mi an bel réparasion. Réparasion tala toutt konmin Matinik an dwa mété’y adan konvwa réparasion-an.
Mi an manniè obidjoul pou wosélélé sé gangan nou an, mi bel manniè di ki nou ki laa jòdi, nou pa ka bliyé yo, nou pa lé bliyé yo.
An grangrek, yo ka kriyé Andersen, té ka di konsa, an tjekpa : mémwè ka pòté ba’w rikonnésans tjè’w (la mémoire est la reconnaissance du cœur) é asiré i ni rézon di di pawol vayan tala.
Sa nou ka atann pou toutt konmin Matinik montré i ni mémwè, i ka rikonnett sa ki ta’y, kimoun i yé, i ka mété an istèl, an monniman, an plass, an koté éti loubli pa ni plass li ? Plass mémwè nou, ki jou nou ké ni’y, é toupatou Matinik ?
Mi an bel manniè montré nou pa titiri san fanmi.
Sa nou ka atann pou rikonnett, pou gloriyé non zansett nou adan toutt konmin nou, kon jan Karbé fè’y la ? Toutt lézott péyi ka pran tan chonjé, sa ki té fett avan, sa ki matjé tan-an, sa ki ranboulzayé Listwè, poutji pa nou ? Kisa nou ni pou mété mémwè nou douvan, an péyi nou an ? Annou pran tan gadé : Sé Dénanbik, sé Chelchè, sé Gandi. Ayen ki moun lòtt bò. Joséphine ki moun isi, si i la sé pass i té mayé épi Napoléon, dayè sa fè i ped tett li. Clarissia Sentmari pass i mò …. pou la Frans.
Gwadloup fè « Mémorial-akt » li. Sa nou, nou ni an mwens, pou nou pa ni an koté, an monniman éti nou ka gloriyé mémwè péyi nou, moun ki mété Matinik douboutt ? Moun ka di sé mè-a ké fè’y. Si sa fett toupatou man za ka di BRAVO.
Konmin Karbé mèsi pou réyalizasion’w lan. Jan Karbé zot bel neg.

Térèz Léotin

 

En Français :

SERIONS-NOUS DE GENERATION SPONTANÉE ?

Ne voilà-t-il pas que, cette année, afin d’honorer le 22 mai, les habitants du Carbet ont décidé d’honorer et de promouvoir la mémoire de leurs ancêtres.
Partis à l’assaut du temps, ils ont fait des recherches et ont extrait les esclaves de cette commune de la chape d’oubli qui était déjà bien prête à les ensevelir totalement, pour ne pas dire qui était décidée à finir avec même leur souvenir.
Ils ont cherché, creusé, fouillé et tout ce patient travail les a menés à inscrire ces illustres noms dans le marbre, pour que ceux-ci parlent d’eux, parlent à leur place, et parlent à leurs descendants autant qu’un monument aux morts qui lui aussi réveille la mémoire, à la seule différence que le nom de ces justes vient nous rappeler justement qu’ils sont toujours là, en nous, avec nous, qu’ils ne sont pas morts et peuvent venir dire qu’ils sont la souche de nos origines !
D’une certaine manière, tous ces esclaves viennent rappeler aussi que ce qu’est devenu la ville du Carbet d’aujourd’hui on le leur droit, ce qui pour notre postérité aussi est une richesse considérable. J’applaudis leurs descendants à tout rompre, et je les félicite d’avoir su les consacrer à la lumière qu’ils méritent
C‘est que je voudrais, avant même que Basile ne vienne sans pudeur me susurrer ses murmures, avant même que la madame Personne ne m’invite au pays des gens sans chapeaux, je voudrais vénérer l’instant, où je saurai que chaque commune de Martinique a pris la commune du Carbet comme modèle. J’apprécierai d’entendre que partout où l’esclave a subi mille maltraitances l’on s’en souvient sur une place publique en un lieu qui leur est dédié, une stèle qui leur est attribuée pour nous rappeler qui nous fûmes en sortant des entrailles de la cale du bateau négrier.
Il nous est impossible de regagner la source même de nos origines, au moins saurons-nous qui ils étaient. Quels noms leur ont été donnés. Même si quelquefois sous des noms frisant le ridicule on a encore éternisé l’opprobre, mais nous saurons et nous sortirons de l’ignorance crasse que l’on veut nous attribuer. Nous aurons nos traces, nos marques, nos repères. Ils ont fait le pays avec leur sueur, leur sang, leur vie, en les revalorisant voilà une belle réparation, celle qui doit être dans le fourneau du convoi de réparation pour toutes les communes de Martinique.
Voilà une magnifique façon d’honorer dignement nos aïeux, en leur offrant cet incommensurable don légué au souvenir. Un intellectuel du nom d’Andersen disait en quelque part : La mémoire est la reconnaissance du cœur. Il a bien raison de tenir ces vaillantes paroles.
Qu’attendons-nous pour que toutes les communes montrent que la mémoire des esclaves est vivante avec une stèle, un monument un lieu où l’oubli n’a pas lieu d’être. Notre Place de la mémoire quel jour l’aurons-nous ? Et partout sur tout le territoire ?
Voilà une belle manière de montrer que nous ne sommes pas de génération spontanée.
Qu’attendons-nous pour que tous les habitants des communes reconnaissent et glorifient leurs ancêtres comme l’ont fait les ceux du Carbet. Tous les autres pays honorent leur passé, rappellent ce qui a révolutionné l’Histoire. Pourquoi devrions-nous être amnésiques lorsque les autres ne le sont pas ? Autour de nous c’est Desnambuc, Schœlcher, Gandhi, que des exogènes. Joséphine est présente parce qu’elle avait épousé Napoléon ce qui lui a coûtée la tête. Claricia à Sainte-Marie… est morte pour la France.

La Guadeloupe a son Mémorial ACTe. Serions-nous les parents pauvres pour ne pas avoir nos lieux de mémoire ? L’on prétend que les maires des autres communes envisagent de mettre en place la même idée que la commune du Carbet qui ferait son chemin, si c’est le cas je crie déjà BRAVO.


Merci à vous habitants du Carbet d’avoir eu cette lumineuse initiative et je salue votre opiniâtreté. Jan Karbé zot bel neg

 

La Société d’Histoire de la Martinique en visite au Carbet

Le samedi 29 Avril dernier, l’association “Société d’Histoire de la Martinique” créée en 1955 par Léo ELISABETH, est venue à la découverte du patrimoine de la ville du Carbet pour une visite qui aura duré toute la journée. La nouvelle présidente de l’association , Monique SAINTE ROSE, poursuit la mission de l’historien qui a contribué , par ses nombreux écrits, exposés et conférences, à la découverte du patrimoine de la Martinique. Cet illustre Martiniquais, décédé en Décembre 2016, formateur de trois générations d’historiens, a fourni un travail monumental sur la société martiniquaise aux 17ème et 18ème siècle , thème de sa thèse d’Etat en 1989.

Arrivé au Carbet à 8h 30, le  groupe a été reçu devant la mairie par le Maire Jean-Claude ECANVIL, le Premier Adjoint Lucien SAINT-JEAN THERESE en charge de la culture et du patrimoine , Patricia PALMONT, Adjointe, Présidente  de l’Office Carbétien du tourisme et Mme Rosemonde ZEBO JOURDAN Directrice de la Caisse des Ecoles et référente dans le domaine du patrimoine du Carbet. Plusieurs sites étaient au programme de la visite: notamment la galerie d’art et d’histoire, l’église, le tombeau de la Dame Espagnole, la Place du débarquement, les ruines de l’habitation Latouche , l’Habitation Bally , la Distillerie Neisson. Après avoir déjeuné dans un restaurant du Carbet le groupe a clôturé la journée par une visite au monastère Sainte Marie des Anges à Bout Bois

Nos visiteurs du jour ont pu ainsi découvrir la richesse de notre patrimoine à travers les commentaires fort pertinents de Mme ZEBO JOURDAN qui a su captiver son auditoire tout au long du parcours. De l’avis général ce fut une visite d’un grand intérêt car certains sites ont gardé les traces de l’implantation des premiers colons en Martinique. Le Carbet qui fut le lieu des toutes premières attaques anglaises dans les années 1667 et des premières insurrections des esclaves porte profondément les marques de l’histoire de notre île.

Monique SAINTE-ROSE : Présidente de l’association « Société d’histoire de la Martinique » «  L’objectif de notre association est de travailler sur l’histoire de la Martinique. Au fil des années des nouveaux thèmes sont abordés. Cette sortie au Carbet est l’occasion de voir de façon plus approfondie l’histoire de la commune ainsi que les projets  en cours et les réalisations. L’histoire ne s’arrête pas au passé, elle est en marche. Quand nous venons dans une commune, on voit ce qui est le plus important et on échange avec la municipalité . »

Les membres de l’association ont également apprécié cette journée riche en découverte historique :

Maître Lucien, membre de l’association : «  Je suis dans cette association depuis 6 ans, je suis Martiniquais et je veux connaître l’histoire de mon pays. Tout ce qui concerne l’histoire de la Martinique m’intéresse. En 6 ans j’ai visité plus d’une dizaine de communes et à mon humble avis on constate que l’histoire de notre pays est très tourmentée de 1635 à nos jours. Il y a eu pas mal de remous, de difficultés. Maïotte DAUPHITE qui a beaucoup oeuvré pour la valorisation du patrimoine  disait que le Carbet est un lieu de villégiature.  Entre les maisons et la mer, il y a avait le sable, on déjeunait dehors sous les arbres. Le Carbet a gardé son authenticité et aujourd ’hui il reste  un coin très recherché. ».

Rosemonde ZEBO JOURDAN : Référente  dans le domaine du patrimoine  au Carbet : « Nous avons un patrimoine historique très riche . Nous avons peu d’éléments sur la  Fontaine Décaste qui attire l’attention des visiteurs sur la place Jules Grévy. Il existe à Case Pilote une fontaine qui ressemble à la nôtre. La particularité de notre fontaine est cette eau captée dans la rivière du Carbet qui vient donc l’alimenter et lui donner tout son attrait au milieu de la place.

Cette visite de l’association «  Société d’histoire de la Martinique » au Carbet a été un moment riche en découverte et connaissance du patrimoine. Pour Jean-Claude ECANVIL, ” Il est très important de connaître son histoire. La municipalité a entrepris de restaurer les bâtiments car nous considérons que notre patrimoine est un atout majeur, un atout qui peut nous amener de l’attractivité touristique mais également économique. Il faut se nourrir de son histoire pour pouvoir rebondir. « 

 

 

Le conte comme transmission culturelle

La pratique des contes créoles, principalement le soir à la veillée, est en voie de disparition dans la société moderne et notamment dans les villes. Des anthropologues ont pu , à ce propos, souligner le rôle négatif , sur ce plan, du travail des femmes. Au cours des trente dernières années, de nombreux recueils de contes traditionnels ont été publiés et étudiés par les linguistes ou les anthropologues. Ces recueils forts utiles pour l’information des jeunes générations qui ont de moins en moins de chance de recevoir directement cette tradition orale, aident à conserver ces récits.

Le conte était à l’honneur durant cette semaine d’animation, début Octobre, à la galerie Pory Papy dans le cadre des 25 ans d’écriture de JALA. L’artiste écrivaine, marionnettiste a investi la galerie durant ces trois jours d’animation pour le bonheur des enfants des écoles primaires du Carbet. A cette occasion elle a présenté sa marque de marionnettes ainsi que son nouveau recueil de contes créoles intitulé « Bélie et Zélie au fil de l’eau »

Des commentaires de participants à cette soirée culturelle à la galerie :

Ines : « Je suis venue ce soir avec ma mère. J’ai vu les nouveaux livres de Jala. J’ai un seul livre d’elle écrit en créole mais je ne sais pas trop lire le créole. Je suis très intéressée par son dernier livre. Ma maman me lit les contes lors de la sieste et aussi le soir. Les contes me font voyager et m’apprennent des mots et des choses de la nature. J’aime beaucoup les nouvelles marionnettes de Jala »

Ingrid Raspail, parent : « Je suis venue avec les enfants pour cette soirée littéraire car j’ai eu l’information au cours d’une réunion de parents d’élèves. J’attendais que Jala nous lise quelques extraits de ses contes car nous savons qu’elle les met en scène avec ses marionnettes. Néanmoins c’était très intéressant de l’entendre raconter ce qu’elle fait. Elle a su captiver les enfants par une prestation interactive et ludique. Sa production de marionnettes est de qualité on sent qu’il y a un gros travail de recherche afin de coller aux personnages du conte créole. »

Lucien SAINT JEAN THERESE, 1er Adjoint en charge de la culture, l’éducation et le patrimoine : « JALA a tenu à fêter ses 25 ans d’écriture au Carbet car c’est une enfant du Carbet. Elle y a passé son enfance et sa jeunesse. C’est pour nous un honneur et un plaisir d’accueillir celle qui a su exporter hors de nos frontières un pan de notre culture. J’ai beaucoup apprécié l’implication des enfants au cours de ces journées d’animation à la galerie. Ils sont effectivement sensibles à ce type d’animation et ils l’apprécient souvent avec beaucoup de rires, d’énergie et d’émotions. »

Rencontre avec "L'ombre du Dorlis"

Vendredi 20 mai dernier, le service culturel de la ville et l’OCARTOUR avaient organisé une rencontre littéraire avec l’écrivaine Lucie GABOURG qui venait présenter son dernier livre : « A l’ombre du Dorlis ».

 

Les  spectateurs présents étaient venus écouter la trame de ce livre qui décrit le témoignage d’une jeune femme, Anna, originaire de l’Inde. « Elle débarque en Martinique accompagnée de son époux et de leurs deux fils avec qui elle décide de s'installer dans le centre. Elle s'y plaît bien dans ce pays et s'adapte à la vie antillaise sans trop de difficultés, jusqu'au matin de ce jour où, contrairement à ses habitudes, elle se réveille nue. Commence alors son calvaire, une lutte acharnée contre celui qui la possède tous les soirs, un dorlis.
Après des années, allant de découverte en découverte, elle apprendra que la réalité est tout le contraire de ce que son époux a pu lui laisser croire »

Ce livre interpelle sur l’existence ou non de dorlis. De nombreux échanges ont tourné autour de cette question se traduisant par un débat animé qui a tenu en haleine l’assistance pendant toute la soirée :

« Il y a-t-il des dorlis femmes ? »

« Est-ce que ça existe encore aujourd’hui ? »

« Comment empêcher le dorlis de venir ? »

 

Les réponses vous les trouverez en lisant ce livre de Lucie Gabourg «  L’Ombre du Dorlis ».

Lucie Gabourg a cherché à en savoir davantage à propos de l’existence de ces êtres dits «  incubes » et «  succubes », plus communément appelés dorlis. Selon l’auteur, dans la culture antillaise, c’est un mythe incontournable qui prend tout son sens en fonction de la croyance mystico-religieuse de chaque individu.

 

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